The troll hunter

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Venu tout droit de la lointaine Norvège, The Troll Hunter ( Trolljegeren ) de André Øvredal, est une vraie petite merveille comme on aimerait en voir plus souvent.

Trois étudiants, caméra sur l’épaule, sont sur les traces d’un soit disant braconnier tueur d’ours. En faisant sa rencontre, ils apprennent que ce dernier est en fait un chasseur de troll.

Le décor est planté. Nous voilà partis sur les traces de monstres imaginaires, au fin fond d’une Norvège aux paysages magnifiques et mystérieux, aux immenses forêts d’où résonnent d’étranges rugissements. Le sol tremble, une forte odeur nauséabonde emplit l’air, les cimes de gigantesques pins se balancent dans un grand fracas et soudain, l’inimaginable apparaît sous nos yeux…

On pense évidemment au Projet Blair Witch de Daniel Myrick et Eduardo Sánchez. Mais à l’inverse de ce dernier, The troll hunter nous montre les choses. On voit plein cadre ce qu’on pensait à peine entrapercevoir. Et la nature norvégienne, rude et sauvage, nous emmène bien loin du chaotique Manhattan de Cloverfield ( Matt Reeves ).

Tout ce qui est nécessaire à un bon film de ce type y a été ajouté avec soin et subtilité. Inutile de préciser que les effets visuels sont à la hauteur. Aujourd’hui, plus personne ne s’attend à voir du carton-pâte. Ces effets servent un réalisme qui se tient aussi par des situations. Pas d’héroïsme ou d’extravagance. Nous avons des êtres humains face à des trolls, point. Et cette réalisation très brute et authentique nous amène parfois à des moments plutôt comiques. Je vous laisse imaginer ou découvrir jusqu’où peut vous amener la chasse aux trolls : tenues adéquates, appâts alléchants et autres pièges démesurés.

Comme précisé plus haut, ce film 100% Norvégien met légitimement la beauté de ses décors au premier plan, et ça n’est pas pour nous déplaire.

La grande force de ce film, c’est également l’omniprésence d’un « background ». Tout le monde connaît l’immense richesse des contes féeriques de nos voisins de l’est et du nord. Dragons, géants, trolls, sorcières, elfes…The Troll Hunter s’inspire tout naturellement de ces légendes locales et s’enrichit d’une ambiance captivante dès les premières images. Pour preuve, ce dessin de l’artiste norvégien Theodor Severin Kittelsen qui ne sera pas sans rappeler un moment fort du film. André Øvredal a donc fait le choix judicieux de porter a l’écran les légendes de son pays tout en rendant hommage à ceux qui y ont contribué et dont les œuvres sont ancrées dans les mémoires de plusieurs générations.

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Je reste partagé entre l’idée de vous faire part de mon enthousiasme et la volonté de garder intact votre effet de surprise. C’est pourquoi je ne présenterai ni bande annonce ni galerie d’images, qui à mon gout en montrent trop. Si toutefois vous souhaitez en savoir plus, rendez vous sur le site officiel http://www.trollhunterfilm.com.

Pour finir, je vous dirais que ce film est tout sauf une docu fiction. The troll hunter est tout simplement une invitation à chasser le troll. Et si vous vous posez la question « irai-je le voir ou non? » sans trouver de réponse, demandez vous plutôt ce que vous feriez si un homme mystérieux vous proposait de l’accompagner pour aller chasser le troll.

Quoiqu’il en soit, pour ceux qui n’ont pas eu la chance de découvrir ce film au festival de Gérardmer, il leur faudra attendre juillet 2011 pour le voir sur nos écrans, en espérant que les distributeurs et les salles de cinémas français ne fassent pas le choix de l’impasse. Parlons-en, portons ce film aux oreilles de tous, pour avoir la chance de le voir chez nous, pouvoir partir chasser le troll pour le prix d’un ticket de cinéma.