I have a voice !

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Et quelle voix ! Elle n’aura pas manqué de se faire remarquer auprès de l’académie des Oscars en remportant quatre des prestigieuses statuettes. Mais au delà de ces récompenses, Le discours d’un roi demeure un film fort et émouvant.

Parce qu’il s’agit de parler et de diction, il était évident que les acteurs auraient une place prépondérante. Les principaux protagonistes sont à la hauteur du défi. Colin Firth, partagé entre devoir et tracas du quotidien, est criant de justesse. Geoffrey Rush, autrefois crasseux pirate des caraïbes, se présente digne, modeste et avec un humour délicieux. Helena Bonham Carter complète ce trio d’une royale sagesse. Leurs origines Anglo-australiennes nous offre un accent anglais des plus compréhensible donnant une raison de plus de préférer la version originale.

L’ambiance lumineuse et l’éclairage ne passeront pas inaperçu non plus. Une lumière brumeuse, profonde et parfois aveuglante offre des vues extérieures magnifiques et sert au mieux l’authenticité du film.

La tension mondiale d’une guerre imminente est omniprésente. Les enjeux sont colossaux et l’on sent le poids du devoir sur nos épaules.

La gravité du film n’atténue en rien un humour efficace. On se prend au jeu et le rire ponctue régulièrement la séance. Une famille modeste recevant le couple royal chez eux nous amène à quelques quiproquos et autres malaises cocasses. Geoffrey Rush porte ces situations avec brio. Ses méthodes d’orthophoniste peu orthodoxe sont en complet décalage avec la vie d’un roi. Familiarité et décence se heurtent avec joie. Jurons et politesses font bon ménage.

On attends avec impatience cet inévitable discours final. Ce dernier, explosif et rythmé par une superbe 7è symphonie de Beethoven, parvient tout de même à nous bouleverser par sa force. ( écouter le discours original du 3 septembre 1939 )

Mon seul regret, c’est qu’en dépit de nos nombreuses heures de cours d’histoire, on ait omis de nous apprendre que l’Angleterre, avant même d’entrer en guerre, avait connu sa première victoire, mais pas des moindre. Car la victoire d’un roi, c’est la victoire d’un peuple.